Contes et marionnettes pour sensibiliser à la pollution lumineuse et ses effets.

           
Deux projets artistiques à travers tout le territoire

Le Parc naturel régional du Perche développe depuis 2018 des actions de sensibilisation à la  pollution lumineuse. Une pollution surtout issue d’une généralisation et d’une mauvaise utilisation de l’éclairage. Entre 2005 et 2015 en France, les installations lumineuses ont ainsi augmenté de 30 %, avec pour conséquence la formation de véritables halos lumineux au-dessus des villes, créant des barrières et des pièges écologiques qui ne sont pas sans conséquence pour l’environnement et la biodiversité.

Les enjeux de la lutte contre la pollution lumineuse portent sur la sobriété énergétique, la santé et plus largement le patrimoine naturel, culturel et scientifique que représente le ciel étoilé. Dans ce cadre, le Parc naturel régional du Perche a lancé un appel aux artistes pour l’aider à sensibiliser le public à travers deux résidences artistiques. 24 projets lui ont été soumis, dont certains par des artistes étrangers, parmi lesquels la commission culture du Parc a sélectionné deux lauréats.

Conter et écouter la nuit…

Elle est née en Russie et a grandi en Afrique. Marianne Sytchkov aime colporter les contes traditionnels d’une culture à l’autre pour mieux faire résonner leur part d’universel. Elle a notamment longtemps travaillé au Musée du Quai Branly. Mattieu Larcier, barde à barbe et musicien méditant, accompagne ce dit des origines de sa harpe germanique. Ensemble, ils vous invitent à écouter la nuit…

"Nous enregistrons actuellement les ambiances de la nuit du Perche dans des villages, des sites naturels… Puis nous irons faire entendre la nuit aux personnes pour qui il est compliqué d’aller écouter ces ambiances, dans les maisons de retraites, les instituts médico-éducatifs, les hôpitaux qui souhaitent s’associer au projet", explique Marianne Sytchkov. "Nous enregistrerons les émotions et les souvenirs que cela déclenche et les intégrerons à notre histoire."

"Nous aimerions aussi faire participer les lycéens, pour qu’ils nous racontent eux aussi leurs impressions sur la nuit", poursuivent les artistes. Le conte sera ensuite présenté lors d’une veillée avec les participants et le public. "Cette soirée sera à son tour enregistrée, venant s’ajouter aux précédentes captations, façon boule de neige. A la fin, l’œuvre sera gravée sur CD, constitutant à fois la trace de la résidence et une évocation des nuits du Perche."

Le JT des agités du bocage

La vache Meurise, l’agneau Ovidou et Bandit le cheval percheron sont des journalistes en herbe. "Nous avons donné vie à ces marionnettes à l’occasion d’un spectacle en 2018 avec lequel nous souhaitions sensibiliser le jeune public au respect de l’environnement", expliquent Stéphane Botti et Franck Chassagnac, du Théâtre de l’Etoile Pliante. "Ce sont des ados qui parlent à des ados, et utilisent pour cela les moyens d’aujourd’hui : ils se filment avec leurs portables et mettent en ligne leur web-journal."

"Nous ne savions pas bien par où commencer tellement les thèmes de la préservation de la biodiversité sont nombreux. L’appel à projets lancé par le Parc va nous permettre d’investir ce thème de la protection de la faune nocturne", poursuit Franck Chassagnac. "Nos reporters ont donc choisi de parler d’animaux emblématiques de la nuit comme les chauves-souris, les rapaces nocturnes, ou encore les oiseaux migrateurs dont les déplacements sont impactés par la pollution lumineuse."

En tout 9 épisodes d’environ 5 minutes chacun iront à la rencontre de spécialistes, interviouvés par Ovidou, filmés par Bandit, avec l’aide de Meurise qui tient absolument à apparaître à l’écran ! Les tournages s’échelonneront jusqu’en octobre et des ateliers de fabrication et de manipulation de marionnettes seront également proposés. Chaque atelier se terminera par une chorale de chouettes-marionnettes, filmées pour intégrer le web-journal…

Vous êtes une école, un lycée, un centre de loisirs, un IME, un EHPAD, un hôpital, une commune ou une structure souhaitant participer à l’un de ces deux projets, n’hésitez pas à contacter Paulina Kulig, chargée de mission culture au Parc, au 02 33 85 36 36 ou à paulina.kulig@parc-naturel-perche.fr