Une grande exposition pour tout savoir sur les manoirs du Perche, d'hier à aujourd'hui...

De septembre 2017 à septembre 2018, les trois étages du manoir de Courboyer accueillent une grande exposition intitulée "Le Perche, terre de manoirs". Une partie de l'exposition plonge le visiteur dans l'histoire, les fonctions et l'architecture de ces ensembles agricoles aux proportions plus ou moins vastes, mais toujours en harmonie avec les paysages qui les accueillent. Des objets (armes, objets de la cheminée, vêtements, livres...) et un document sonore égrenant un inventaire d'un manoir en 1554 complètent cette immersion dans l'univers manorial.

Comment vit-on dans un manoir aujourd'hui ? Quatre courts-métrages d'environ 10 minutes chacun permettent d'aller à la rencontre de propriétaires passionnés. Du coup de coeur pour la maison à son ouverture au public, en passant par les phases de travaux de restauration, ils livrent le bonheur de se faire les passeurs d'une histoire longue et riche... Au dernier étage enfin, une "galerie des manoirs" donnera envie d'aller à la découverte de ce patrimoine percheron.

Qu'est-ce qu'un manoir ?

« Définir un manoir, c’est déjà évoquer ce qu’il n’est pas, à savoir :

- ni un château fort : son système défensif demeure modeste, adapté à sa protection contre une éventuelle attaque de brigands ou de bandes armées en déroute ; il ne saurait soutenir un siège ;

- ni un château de plaisance : il se trouve presque toujours associé à un domaine agricole de taille restreinte (d’une vingtaine d’hectares en moyenne) dont il tire ses revenus, souvent complétés par ceux d’un moulin et de diverses activités  "proto-industrielles" telles que tuilerie, verrerie, forge, tannerie, papeterie, etc. Il constitue en outre la résidence permanente de ses hôtes et de leur domesticité ;

- ni une "ferme fortifiée" : en tant que chef-lieu de seigneurie, le manoir se distingue d’une simple exploitation agricole par certains emblèmes liés à des privilèges tels que droit d’ériger des tours, un colombier, une chapelle, droit de garenne à poil et à poisson (droit de chasse dans les bois et de pêche dans les étangs du domaine).

Pour la plupart construits au cours de la période d’accalmie comprise entre la guerre de Cent Ans et les conflits religieux de la deuxième moitié du XVIe siècle, mais sans exclusive, les manoirs (du latin "manere", demeurer) sont donc le siège d’une seigneurie laïque (dont les prieurés constituent le pendant ecclésiastique), inscrite dans une hiérarchie d’origine féodale, impliquant des liens avec un suzerain et des vassaux.

La véritable "constellation" de manoirs déployée dans le Perche à cette époque de "reconstruction" s’explique en grande partie par un contexte politique, économique et social favorable, mais aussi par le caractère bocager du Perche qui permet l’implantation d’un habitat dispersé, notamment dans les vallées fertiles, accédant facilement aux ressources en eau, en matériaux de construction, en énergie et en combustible, outre la présence d’un minerai de fer de densité satisfaisante, propice à la production métallurgique.

Conduit grâce à l’étude de textes anciens et du terrain, le recensement des manoirs ne cesse de s’enrichir de découvertes nouvelles. »

Elisabeth Gautier-Desvaux,
coordinatrice scientifique de l'exposition

Visite virtuelle de l'exposition