Pourquoi il ne faut pas poser de pièges fabriqués avec des bouteilles au printemps.

              
Comme la plupart des espèces exotiques envahissantes, le Frelon asiatique démontre une forte capacité d’adaptation et de colonisation de nos territoires. Il est apparu dans le Perche en 2012, après son introduction accidentelle, vers 2004, dans le Lot-et-Garonne. Des fondatrices se trouvaient très probablement dans des poteries importées de Chine.

Du nid primaire…

Ces femelles reproductrices, nées dans l’année et fondatrices potentielles, sont en effet les seules survivantes de la colonie à la fin de l’automne. Elles passent l’hiver cachées sous l’écorce, sous des tuiles, dans des pots en terre… Avec le retour des beaux jours, ces femelles entament leur activité qui consiste à bâtir un nid primaire et pondre les œufs qui donneront naissance à une nouvelle génération.

Ces « nids  primaires » de petite envergure, sont situés dans des abris de jardin, sous les tuiles, dans les coins de portes... Au bout de 45 jours naissent les premières ouvrières. La colonie va alors grossir, et le nid avec. Les frelons plus nombreux seront alors prêts à le défendre et peuvent constituer un danger.

… aux nouvelles générations

Vers la mi-août, la colonie est à l’étroit et va déménager pour un nid secondaire, celui-là situé généralement dans les arbres, souvent à plus de 10 mètres de hauteur, mais parfois aussi dans des haies.
Vers octobre-novembre, la reine meurt d’épuisement après avoir donné naissance aux femelles sexuées. Ces femelles quittent le nid pour se reproduire et ne jamais revenir. Le nid n’est donc pas réutilisé. Les mâles et les colonies disparaissent et seules survivent les futures fondatrices. Ainsi le cycle reprend et les fondatrices se font de plus en plus nombreuses années après années.

Contrairement à ce que l’on pense généralement, le frelon n’est pas carnivore. Il se nourrit de liquides sucrés. C’est pour nourrir ses larves qu’il chasse les insectes, les abeilles notamment. Sa prédation sur les ruches peut avoir localement un impact très négatif sur l’apiculture.

              
Le piège : une arme contre-productive !

Actuellement, les études scientifiques (Monceau et al., 2012 ; Rome et al., 2013b) tendent à montrer que le piégeage des fondatrices au printemps n’a pas d’effet. Il s’avérerait même contre-productif en faisant diminuer la compétitivité entre les fondatrices et conduisant au contraire à une quantité plus importante de nids.

De plus, il n’y a actuellement aucun piège réellement sélectif. Même un piège dit « sélectif » a un impact sur les autres insectes, car si une sélection physique partielle a lieu pour certains insectes (trop gros pour pénétrer dans le piège ou assez petits pour s’échapper par les petits trous latéraux), le séjour, même court, dans un piège peut avoir un impact (excès de chaleur, humidité…) sur la survie ou la fécondité des insectes capturés.

Conclusion

Compte-tenu de la biologie du Frelon asiatique et de ses capacités de colonisation, son éradication semble aujourd’hui illusoire, même si de nouvelles formes de pièges à destination des apiculteurs pourraient permettre de ralentir son expansion. Seule la destruction des nids secondaires en automne, en particulier près des ruchers, semble en mesure de freiner son installation. Le piégeage, toujours à côté des ruchers, peut protéger ceux-ci, mais la communauté scientifique met en garde contre le piégeage massif par les particuliers, qui aurait des effets contraires à ceux recherchés !

Plus d’informations sur le site du Muséum National d’Histoire naturelle : frelonasiatique.mnhn.fr

Recommandations :

- Surveiller la construction de nids primaires (lire plus haut)

- Ne pas essayer de détruire un nid en secouant l’arbre, en utilisant une lance à eau ou autre : c’est non seulement dangereux mais entraîne la reconstruction immédiate d’autres nids à proximité.

- Faire appel à des professionnels qui pourront éliminer les nids reste la règle. Une sélection d’organismes locaux de contrôle et d’entreprises de désinsectisation est disponible sur : www.orne.fr/actualites/comment-lutter-contre-le-frelon-asiatique