Entretien avec… Michel FRÉNARD.

Installé sur la ferme du Moulin de Buat à Saint-Germain-de-la-Coudre dans l’Orne, Michel Frénard élève une dizaine de percherons. À la période des concours de modèle, il fait souvent partie des jurés chargés d’opérer la sélection des plus beaux spécimens. Rencontre avec un connaisseur de la race percheronne.

Vous avez toujours élevé des percherons, sur votre exploitation ?
Depuis mon installation en 1969 sur cette ferme herbagère, j’ai en effet toujours eu des percherons. Je représente la 5 génération successive à poursuivre cette tradition. Je fais partie de ce que l’on appelle les éleveurs naisseurs. Les poulains de l’année sont proposés à la vente après le sevrage, vers 7-8 mois ou un peu plus tard.

La race percheronne connaît une période difficile depuis quelques dizaines d’années. Vous n’avez jamais songé à arrêter ?
Jamais. Je suis éleveur. J’ai vraiment la passion de l’élevage. L’essentiel de mon activité est tourné vers la production de lait et de viande bovine, mais je ne pourrais pas envisager de me séparer de mes percherons. J’en ai une dizaine, des poulinières et de jeunes poulains. Quand j’ai commencé mon activité, toutes les exploitations abandonnaient leurs chevaux, et celles qui ont continué à élever des percherons étaient montrées du doigt. Aujourd’hui, on nous félicite.

Dans le travail de sélection nécessaire pour améliorer la race, l’étalonnage joue un rôle capital ?
C’est vrai. L’élevage n’est pas une chose facile. La sélection des reproducteurs est primordiale. Autrefois les étalonniers étaient nombreux et disposaient d’étalons améliorateurs de race en quantité. Aujourd’hui les possibilités sont moins grandes mais le problème de l’éleveur reste le même : produire un cheval de qualité, harmonieux, au corps et aux membres bien proportionnés.

Y a-t-il des raisons d’être inquiet pour l’avenir de la race ?
Beaucoup d’éleveurs partent à la retraite. On peut se demander si la relève sera assurée. L’élevage de chevaux percherons n’est plus une activité économiquement rentable. Nous devons donc insuffler notre passion aux plus jeunes générations.

Quelles mesures pourraient contribuer à assurer la pérennité de la race ?
L’avenir de la race passe par une production de qualité. Il y aura toujours des gens intéressés si nous produisons des chevaux qui ont de bonnes allures, avec une tête expressive. Nous devons aussi garder dans le berceau de race quelques-uns des meilleurs produits de nos élevages.